Putain de retour au source. Aujourd'hui, c'est spécial. Anniversaire funèbre comme tous les ans, depuis 8 ans. Tu m'as laissé à 8 ans sans repère, sans grand-mère dans notre cas je dirai du pareille au même. Des putains de souvenirs dans la tête. T'es parti en moins d'un an. J'ai compté, chaque jour j'ai espérer un miracle. Pour moi, t'étais invincible et t'allais vaincre cette saloperie. Mamie sourire, tu te souviens ? Celle qui noyait mes cauchemars dans ses câlins. Tant d'étés passés avec toi...
Et puis t'as disparu comme ça. A mon réveil, ce mardi matin on m'a dit que t'étais plus là. Un moment, un battement puis un torrent de larmes. On m'a appris qu'il « y a des choses que la vie n'explique pas et qu'il y a des êtres qu'elle nous prend et ne nous rend pas ». J'ai pas compté les larmes à ton enterrement, j'ai pas calculer la brûlure ou encore même les mots d'encouragement des gens. J'ai juste vu toutes ses fleurs et je me suis concentréede toutes mes forces sur les lys blancs présent, tes fleurs préférées. Flash back, ta robe à fleurs, tes lunettes rondes et ton sourire, les cierges allumés à l'église le plus souvent possible.
Je me suis rappelé ce jour où j'avais cassé ma poupée et ou tu m'avais dit que y avait un paradis des poupées qu'existait. On l'avait mis dans une belle boîte et on l'avait rangé sous mon lit jusqu'à la fin de l'été. C'était un secret. Personne ne le savait. Je me souviens des canaris dans la cuisine, qui me cassaient les oreilles le matin et qui un beau jour s'étaient échappés dans la maison. Je me souviens des chocolats chaud pris chez la voisine, tous les mardis et même de tes géraniums multicolores qu'on shoutait avec nos vélos. T'es la seule adulte que j'ai jamais entendu crier.
Tu sais, j'ai toujours été en total admiration devant toi, tellement forte, tellement exceptionnelle. Je me demandais comment tu faisais pour être toujours levée avant moi le matin et toujours savoir même quand je faisais pas de bruit dans l'escalier, que j'étais levée. Je me souviens du générique de ta série préférée, tu loupais jamais un épisode. Des carambars d'antan, aussi plaqué dans le 2e placard à gauche et qu'on arrivait à atteindre trop facilement avec Mégane.
Dame de c½ur, t'as toujours débordé d'amour pour tout le monde. T'as toujours fait de ton mieux et t'as jamais déçue personne. Un ange, certainement. J'ai souvent blâmé Dieu de t'avoir ramener si tôt. J'en ai toujours voulu aux adultes d'avoir débranché alors que j'avais toujours eu foi en ton réveil. Le phénix. Mais bon la foi d'un enfant ça compte peu. Tu sais, même sans ta perruque tu restais jolie. Parce qu'avec tes foulards arc-en-ciel tu me fascinais. Tu restais la meilleure même quand tes yeux marrons se voilaient d'une fatigue du à ces- trucs-qui-marchent-pas-et-font-souffrir. Tu restais belle, le rayon de soleil de la vie. La représentante de notre enfance, la nostalgie des jours heureux. 8 ans de deuil, 8 ans c'était trop tôt....
Tu m'aurais dit « on part toujours trop tôt ».